Aller au contenu

Comprendre et analyser

La PPE en dix chiffres : ce que la France a décidé pour son énergie jusqu'en 2035

En bref

La troisième programmation pluriannuelle de l'énergie, fixée par décret le 12 février 2026, veut ramener la part des énergies fossiles dans notre consommation d'environ 60 % en 2023 à 30 % en 2035. Elle mise pour cela sur une forte baisse de la consommation d'énergie (−27 %), le parc nucléaire existant, l'éolien en mer et la chaleur renouvelable ; six EPR2 suivront à partir de 2038. Son point faible : la consommation d'électricité stagne, alors que la production bas carbone doit encore gagner 130 à 170 TWh.

Le 13 février 2026, après plusieurs reports, la France a publié sa troisième programmation pluriannuelle de l’énergie, la PPE 3. Un décret court et une annexe de plus de deux cents pages fixent la feuille de route énergétique du pays de 2026 à 2035 : combien d’énergie consommer, laquelle produire, et avec quels moyens publics (décret n° 2026-76). Le texte se donne trois buts qu’il juge indissociables : la sécurité d’approvisionnement, la maîtrise des prix et la lutte contre le changement climatique (annexe, p. 8).

La PPE ne s’impose pas directement aux ménages. Elle engage l’État : c’est elle qui fixe le cap du nucléaire, le rythme des appels d’offres pour les éoliennes et les panneaux solaires, et donc une bonne part des aides et des investissements qui finissent sur vos factures. Le gouvernement l’a adoptée par décret, sans loi de programmation votée au préalable, ce que de nombreuses voix, notamment parlementaires, ont dénoncé comme un « passage en force » (Maire-info).

Voici l’essentiel en dix chiffres, tirés du texte officiel ou d’une institution, sauf le dernier, avancé dans le débat public et décortiqué ici, avec ce qui a bougé depuis février. La vidéo d’Ampère qui présente la PPE est en fin de page.

Chiffre 1 sur 10

Sortir des énergies fossiles, l’objectif qui commande tout

30 % d’énergies fossiles dans notre consommation d’énergie en 2035, contre environ 60 % en 2023

Tout part de là. En 2023, le pétrole, le gaz et le charbon fournissaient encore environ 60 % de l’énergie consommée en France, dans les voitures, les chaudières et les usines. La PPE veut ramener cette part à 40 % en 2030, puis à environ 30 % en 2035 (annexe, p. 9). Au printemps 2026, le ministère de la Transition écologique l’estimait encore à 58 % (ministère de la Transition écologique).

Cet objectif répond aux trois buts à la fois. L’énergie, c’est-à-dire surtout les fossiles que l’on brûle, pesait 73 % de nos émissions de gaz à effet de serre en 2022 (annexe, p. 24). Et la France importe ces fossiles : son déficit commercial sur l’énergie, compris entre 25 et 80 milliards d’euros par an dans les années 2010, a dépassé 100 milliards en 2022 (annexe, p. 14). En volume, la consommation de fossiles serait divisée par près de trois : environ 900 TWh en 2023, environ 330 TWh en 2035, des ordres de grandeur que donne aussi le Citepa (Citepa).

Entre 2023 et 2035, la consommation d'énergies fossiles serait divisée par 2,7

Consommation d'énergie finale en France, en TWh par an : énergies fossiles et autres énergies (électricité, chaleur renouvelable, bois, biocarburants…)

  • 2023 constaté 1 510 TWh

    ≈ 910 TWh d'énergies fossiles (environ 60 %) · ≈ 600 TWh d'autres énergies

  • 2030 objectif 1 243 TWh

    ≈ 500 TWh d'énergies fossiles (40 %) · ≈ 750 TWh d'autres énergies

    Trajectoire modélisée par l'État : 1 440 TWh, au-dessus de l'objectif

  • 2035 objectif environ 1 100 TWh

    ≈ 330 TWh d'énergies fossiles (environ 30 %) · ≈ 770 TWh d'autres énergies

Source : annexe au décret du 12 février 2026 (tableau p. 9, trajectoire modélisée p. 16). Volumes de fossiles calculés par Ampère à partir des parts données par la PPE, arrondis à la dizaine. Données : fichier CSV (licence CC BY 4.0).
Voir les valeurs du graphique
Année Consommation finale Part fossile Fossiles (calcul)
2023 (constaté) 1 510 TWh 60 % ≈ 910 TWh
2030 (objectif) 1 243 TWh 40 % ≈ 500 TWh
2035 (objectif) 1 100 TWh 30 % ≈ 330 TWh

Chiffre 2 sur 10

Consommer beaucoup moins d’énergie

−27 % d’énergie consommée entre 2023 et 2035 : de 1 510 TWh à environ 1 100 TWh

Le deuxième levier est moins spectaculaire : consommer moins. La PPE vise 1 243 TWh d’énergie finale en 2030 et environ 1 100 TWh en 2035, contre 1 510 TWh en 2023 (annexe, p. 9). L’objectif de 2030 est celui de la directive européenne sur l’efficacité énergétique.

Le texte est franc sur ce point : ses propres modélisations n’y arrivent pas. Selon les trajectoires de l’État, tirées du scénario de référence de la stratégie française énergie-climat, la consommation atteindrait 1 440 TWh en 2030 et 1 310 TWh en 2035. Elles « ne permettent pas d’atteindre l’objectif » de 2030, que la PPE retient « en actant du principe de mesures complémentaires » (annexe, p. 16). L’écart de 2030, environ 200 TWh, représente 13 % de la consommation de 2023 : c’est le repère pointillé du graphique ci-dessus.

Consommer moins ne veut pas forcément dire se priver. Un moteur électrique gaspille beaucoup moins d’énergie qu’un moteur thermique, et une pompe à chaleur restitue plusieurs kWh de chaleur pour chaque kWh d’électricité consommé : électrifier un usage fait baisser la consommation d’énergie finale.

Chiffre 3 sur 10

Produire bien plus d’électricité bas carbone

650 à 693 TWh d’électricité décarbonée produite en 2035, contre 458 TWh en 2023

Pour remplacer les fossiles, il faut de l’électricité bas carbone, en quantité : 585 TWh en 2030, puis 650 à 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023. Ces chiffres réunissent le nucléaire, les renouvelables et une dizaine de TWh de bioénergies (annexe, p. 9).

Le point de départ a déjà bougé. En 2025, la France a produit 521 TWh d’électricité bas carbone, soit 95,2 % de sa production, porté par le retour en forme du parc nucléaire (RTE).

Chiffre 4 sur 10

Le maillon faible : une consommation d’électricité qui ne décolle pas

451 TWh d’électricité consommée en France en 2025 (corrigée des aléas météo), à peine plus qu’en 2024 et environ 6 % de moins qu’en 2014-2019

C’est le point faible du plan, et la PPE le reconnaît : elle relève un « retard constaté dans la conversion des usages fossiles vers l’électricité » (annexe, p. 20). L’AFP résume la situation d’un mot : la demande d’électricité stagne (AFP). En 2025, la France a consommé 451 TWh d’électricité une fois corrigés les effets de la météo, à peine plus qu’en 2024 et environ 6 % de moins qu’entre 2014 et 2019 (RTE).

Produire sans consommer ne sert pas à grand-chose. Pour atteindre 650 à 693 TWh en 2035, la production bas carbone doit encore gagner 130 à 170 TWh par rapport à 2025. Si la consommation ne suit pas, le surplus part à l’export, déjà record avec 92,3 TWh en 2025, ou fait tomber les prix de gros, parfois sous zéro : c’est le paradoxe du prix de l’électricité.

D'ici 2035, la production bas carbone doit encore gagner 130 à 170 TWh, alors que la consommation stagne

Production d'électricité bas carbone (nucléaire, renouvelables, bioénergies), en TWh par an

  • 2023 constaté 458 TWh
  • 2025 constaté (RTE) 521 TWh
  • 2030 objectif 585 TWh
  • 2035 objectif 650 à 693 TWh
Sources : annexe au décret du 12 février 2026 (p. 9) pour 2023, 2030 et 2035 ; RTE, Bilan électrique 2025, principaux résultats pour 2025 (consommation corrigée des aléas météorologiques). Les périmètres de la PPE et de RTE sont proches sans être identiques. Ce que la France produit sans le consommer part surtout à l'export : 92,3 TWh en 2025, un record.

D’où le plan d’électrification des usages, présenté le 23 avril 2026 dans la continuité de la PPE : 22 mesures pour les bâtiments, les transports, l’industrie, l’artisanat et l’agriculture (ministère de la Transition écologique). Le gouvernement veut qu’une voiture achetée sur trois soit électrique dès 2026, selon la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, et 7 millions de voitures électriques en circulation en 2035, selon Roland Lescure, ministre chargé de l’énergie (Banque des Territoires).

Chiffre 5 sur 10

Le parc nucléaire actuel, prolongé et poussé

380 TWh de production nucléaire visée en 2030 (cible haute : 420 TWh), après 373 TWh en 2025

C’est la rupture la plus nette avec la PPE précédente, qui prévoyait de fermer 14 réacteurs (Citepa). La PPE 3 fait l’inverse : elle prolonge les réacteurs existants jusqu’à 60 ans, « voire au-delà » (Maire-info), et veut en tirer davantage : 380 TWh en 2030, avec une cible haute de 420 TWh, pour 57 réacteurs en comptant Flamanville 3 (annexe, p. 9).

Le point de départ de la PPE, 320 TWh en 2023, était bas. En 2025, le parc a produit 373 TWh (RTE) : l’objectif de 2030 est presque atteint. La cible haute demandera un parc plus souvent disponible, et des consommateurs pour cette électricité.

Chiffre 6 sur 10

Six nouveaux réacteurs, mais pas avant 2038

2038 première mise en service visée pour l’un des six EPR2 décidés ; huit autres restent en option

La PPE confirme la construction de six réacteurs EPR2 et garde l’option de huit autres. La première mise en service est visée en 2038 (Maire-info, Citepa) : aucun ne produira donc pendant la période couverte par cette PPE, qui s’arrête en 2035. Ces réacteurs préparent l’après : prendre le relais du parc actuel, construit pour l’essentiel dans les années 1970 et 1980, quand ses réacteurs arriveront en fin de vie.

Chiffre 7 sur 10

Le solaire et l’éolien terrestre, en hausse mais freinés

48 GW de panneaux solaires en 2030, contre 19,3 GW en 2023

Les renouvelables électriques continuent de croître, mais moins vite que prévu. Le solaire doit passer de 19,3 GW en 2023 à 48 GW en 2030, puis 55 à 80 GW en 2035 ; l’éolien terrestre de 21,9 GW à 31 GW, puis 35 à 40 GW (annexe, p. 9). La version soumise à consultation en mars 2025 visait plus haut : 54 GW de solaire en 2030 et 65 à 90 GW en 2035, 33 GW d’éolien terrestre puis 40 à 45 GW (L’info durable).

Le décret serre aussi le frein à court terme. Jusqu’à fin 2028, le rythme d’attribution des aides publiques au solaire et à l’éolien terrestre ne peut pas dépasser celui de la PPE précédente (décret, annexe, p. 3), soit au plus 2,9 GW de solaire soutenus par an (annexe, p. 9). Pour l’éolien terrestre, deux appels d’offres par an d’environ 800 MW chacun sont prévus (annexe, p. 9), et le renouvellement des parcs existants, qui remplace de vieilles éoliennes par des machines plus puissantes, passe avant les nouveaux sites (Maire-info).

D'ici 2035, le solaire gagnerait 36 à 61 GW, l'éolien en mer 14 GW et l'hydraulique moins de 3 GW

Puissance installée en France, en GW : 2023, objectif 2030 et fourchette visée en 2035

  • Solaire

    2023 : 19,3 GW · 2030 : 48 GW · 2035 : 55 à 80 GW (en mars 2025 : 65 à 90 GW)

  • Éolien terrestre

    2023 : 21,9 GW · 2030 : 31 GW · 2035 : 35 à 40 GW (en mars 2025 : 40 à 45 GW)

  • Éolien en mer

    2023 : 0,84 GW · 2030 : 3,6 GW · 2035 : 15 GW

  • Hydraulique barrages et stations de pompage

    2023 : 25,9 GW · 2030 : 26,3 GW · 2035 : 28,7 GW

Source : annexe au décret du 12 février 2026 (p. 9) ; version soumise à consultation : L'info durable (AFP). Le nucléaire n'est pas représenté : la PPE fixe son objectif en production (TWh), pas en puissance. Données : fichier CSV (licence CC BY 4.0).

L’hydraulique, enfin, gagnerait 2,8 GW, dont 1,7 GW de stations de pompage : ces barrages remontent l’eau quand l’électricité abonde, pour la turbiner quand elle manque (L’info durable).

Chiffre 8 sur 10

L’éolien en mer, la nouvelle priorité

15 GW d’éoliennes en mer en 2035, contre 0,84 GW en 2023

Ici, le gouvernement accélère. La PPE vise 15 GW d’éoliennes en mer en 2035, contre 0,84 GW en 2023, et au moins 26 GW attribués, parcs en service compris, d’ici 2030-2031 (annexe, p. 9). La cible de 18 GW est en revanche repoussée à 2037, pour tenir compte des délais de raccordement (L’info durable).

Le grand appel d’offres prévu par la PPE, dit AO10, a été lancé en juin 2026 : près de 10 GW répartis sur toutes les façades maritimes, pour moitié en éolien flottant. Ses lauréats doivent être désignés en février 2027, et non fin 2026 comme le prévoyait la PPE (annexe, p. 9). Aujourd’hui, environ 2 GW d’éoliennes tournent au large des côtes françaises ; elles ont produit 5,7 TWh en 2025 (AFP).

Chiffre 9 sur 10

La chaleur renouvelable, le géant discret

328 à 421 TWh de chaleur renouvelable et de récupération en 2035, contre 172 TWh en 2022, dernière donnée disponible

On en parle peu, c’est pourtant le premier poste renouvelable de la PPE. La chaleur renouvelable et de récupération (bois, pompes à chaleur, géothermie, solaire thermique, chaleur récupérée sur l’industrie, souvent distribuée par des réseaux de chaleur) doit passer de 172 TWh, dernière donnée disponible (2022), à 297 TWh en 2030, puis 328 à 421 TWh en 2035 (annexe, p. 10). À titre de comparaison, toute l’électricité solaire et éolienne attendue en 2035 représente 206 à 248 TWh selon la même annexe.

Les réseaux de chaleur doivent fournir deux à trois fois plus d’énergie d’ici 2035 (annexe, p. 3), et le Fonds chaleur, qui les finance en partie, serait stabilisé à 820 millions d’euros (Maire-info). Dans les logements, la PPE vise d’ici 2030 une baisse de 60 % du nombre de chaudières au fioul et de 20 % de celles au gaz (Citepa). Une pompe à chaleur chez vous ? Le simulateur d’Ampère chiffre ce qu’elle vous coûterait et vous rapporterait.

Côté gaz, le biométhane injecté dans les réseaux passerait de 9 TWh en 2023 à 47 à 82 TWh en 2035, et la France installerait jusqu’à 8 GW d’électrolyseurs pour produire de l’hydrogène, quand elle n’en avait pratiquement pas en 2023 (annexe, p. 10).

Chiffre 10 sur 10

Combien ça coûte ? Un chiffre de 300 milliards à décomposer

300 Md€ le montant le plus cité dans le débat, qui additionne les investissements dans les réseaux et le soutien aux renouvelables

Le chiffre de 300 milliards d’euros circule depuis plusieurs mois, avancé notamment par le Rassemblement national et repris par Marine Le Pen. Il additionne deux choses de nature différente : environ 200 milliards d’investissements dans les réseaux électriques, et environ 100 milliards de soutien public aux renouvelables et au biométhane, qui correspondent au scénario de prix bas du comité chargé de suivre ces charges publiques (Public Sénat).

Les 200 milliards des réseaux sont ceux que RTE et Enedis prévoient d’investir « dans les dix ans qui viennent », selon Roland Lescure, dont la moitié pour entretenir et renouveler les réseaux existants (Banque des Territoires). Ils sont payés par le tarif d’acheminement, sur la facture, et l’entretien des réseaux existants serait nécessaire de toute façon.

Le soutien aux renouvelables, lui, dépend surtout des prix de marché : l’État complète les recettes des producteurs quand le prix de marché est bas, et récupère de l’argent quand il est haut. Matignon a chiffré deux extrêmes : un coût d’environ 115 milliards d’euros sur 45 ans pour les finances publiques si les prix restent bas, un gain de 35 milliards s’ils sont hauts (Public Sénat). Aujourd’hui, ce soutien coûte entre 6 et 8 milliards d’euros par an ; pour les projets lancés à partir de 2026, il serait d’environ 1 milliard par an, selon le ministre (Banque des Territoires).

Le nouveau nucléaire n’entre pas dans ces 300 milliards. Les six EPR2 coûteraient, financement compris, de l’ordre de 100 milliards d’euros selon Nicolas Goldberg, du laboratoire d’idées Terra Nova (Public Sénat).

Ce qui fait débat

La méthode d’abord : en passant par décret, le gouvernement a privé le Parlement d’un vote sur la feuille de route, une méthode « peu appréciée par les parlementaires ». Sur le fond, les critiques partent dans des directions opposées (Maire-info) :

  • les filières renouvelables saluent le lancement des appels d’offres, mais jugent l’objectif d’éolien terrestre trop bas et regrettent que le renouvellement des parcs passe avant les nouveaux sites ;
  • la droite et le Rassemblement national dénoncent un soutien trop coûteux aux énergies renouvelables ;
  • les écologistes et une partie de la gauche contestent la construction de nouveaux réacteurs.

La PPE reconnaît elle-même ses deux fragilités : sa trajectoire de consommation n’atteint pas l’objectif sans mesures nouvelles, et la consommation d’électricité ne suit pas encore la production.

Et maintenant ?

La PPE 3 se donne elle-même rendez-vous. Le gouvernement doit publier d’ici la fin de 2026 un rapport sur la consommation d’électricité, la production décarbonée et les moyens de flexibilité. Une « révision simplifiée » pourra être lancée en 2027, et les capacités renouvelables attribuées après 2028 « seront, le cas échéant, ajustées » (AFP). Autrement dit, les objectifs de solaire et d’éolien pourront être revus à la hausse ou à la baisse, selon que la consommation repart ou non. Prochains jalons : ce rapport, puis les lauréats de l’appel d’offres d’éolien en mer, attendus en février 2027.

Ce que ça change pour vous

La PPE ne vous oblige à rien, mais elle dit ce qui sera encouragé : remplacer le fioul, le gaz et l’essence par de l’électricité bas carbone. Pour savoir si l’un de ces choix vaut le coup chez vous, les simulateurs d’Ampère chiffrent la pompe à chaleur, la voiture électrique et les panneaux solaires.

Elle ne fixe pas non plus le prix de l’électricité. Mais le système électrique est surtout fait de coûts fixes, centrales et réseaux : plus on consommera d’électricité, plus ces coûts seront partagés entre beaucoup de kWh. C’est l’un des enseignements du dossier sur le prix de l’électricité.

Comment lire ces chiffres

  • Ce sont des objectifs, pas des prévisions : la PPE dit ce que l’État veut atteindre et ce qu’il soutiendra, pas ce qui se passera.
  • Le décret porte sur la France hexagonale continentale (AFP) ; la Corse et les outre-mer font l’objet de programmations distinctes.
  • La consommation d’énergie finale est celle des utilisateurs (ménages, entreprises, transports), en 2023 : 1 510 TWh au sens de la directive européenne sur l’efficacité énergétique, 1 496 TWh hors soutes internationales, deux conventions de calcul voisines.
  • Les volumes de fossiles en TWh, la hausse de production restant à faire et la comparaison entre chaleur et électricité renouvelables sont des calculs d’Ampère à partir des tableaux de l’annexe. Les valeurs de 2025 viennent de RTE, dont le périmètre diffère un peu de celui de la PPE.
  • L’annexe donne des valeurs arrondies, parfois précédées de « environ » : elles sont reprises telles quelles. Toutes sont dans le fichier de données, avec la page de l’annexe d’où elles viennent.

Testez-vous

Trois questions pour vérifier ce que vous avez retenu. Les réponses suivent, et d’autres vous attendent dans les quiz d’Ampère.

  1. Quelle part de notre consommation d’énergie la PPE veut-elle laisser aux énergies fossiles en 2035 ? A. 10 % · B. 30 % · C. 50 % · D. 60 %
  2. Quand le premier des nouveaux réacteurs EPR2 doit-il entrer en service ? A. 2028 · B. 2032 · C. 2035 · D. 2038
  3. Parmi ces énergies renouvelables, laquelle pèse le plus dans les objectifs de la PPE pour 2035 ? A. Le solaire · B. L’éolien en mer · C. La chaleur renouvelable · D. L’hydraulique
Voir les réponses

1 : B, contre environ 60 % en 2023. 2 : D, soit après la fin de cette PPE, en 2035. 3 : C, avec 328 à 421 TWh, plus que toute l’électricité solaire et éolienne réunie (206 à 248 TWh).

La vidéo liée

Pétrole vs Électricité : la France a enfin tranché (Présentation PPE 3) · 17 min

La lecture charge le lecteur de YouTube, qui peut déposer ses propres traceurs. Vous pouvez aussi l'ouvrir sur YouTube.

Sources

Les sources sont classées selon la méthode d'Ampère. Une erreur ? Écrivez à contact@amperemedia.fr : les corrections sont publiées dans le journal des corrections.

Relecture

Cette page n'a pas encore été relue par des tiers. Les relecteurs seront cités ici, avec leur accord.

Citer cette page

Ampère Media, « La PPE en dix chiffres : ce que la France a décidé pour son énergie jusqu'en 2035 », mis à jour le 31 octobre 2026, https://amperemedia.fr/comprendre/ppe-dix-chiffres/